Très vite, de nombreuses questions se sont posées autour du mouvement des Gilets Jaunes. Que veulent-ils ? Qui sont-ils ? Jusqu’où iront-ils ?

Très vite des politiciens, des spécialistes improvisés, des journalistes, des intellectuels de tous bords et des donneurs de leçons ont brandi leurs réponses.

Ils n’ont pas de chef et n’en veulent pas. Ils ne représentent aucun parti politique et ne veulent pas en créer. Leurs revendications ne sont pas figées.

Le peuple, c’est ceux sur qui s’exerce le pouvoir.

Michel Onfray

Sont-ils le peuple ? « Oui ! » affirme notamment Michel Onfray qui face à des journalistes assassins en donne même une définition. Le peuple, c’est ceux sur qui s’exerce le pouvoir.

A ce titre les Gilets Jaunes représentent parfaitement le peuple. Et le pouvoir d’ailleurs, ne manque pas d’exercer des pressions sur cette partie du peuple qui a courageusement choisi de se montrer. Et les pressions ont toutes les formes qui puissent exister. Elles deviennent bleues, noires, en armure, dures, gazeuses, piquantes, médiatiques, politiques. Elles sont mêmes souriantes et s’adressent à nous.

Les Gilets Jaunes aussi ont de leur côté plein de questions. Comment en sommes-nous arrivés là ? Comment avons-nous fait pour nous laisser à ce point mener par le bout du nez jusqu’à maintenant ? Que pouvons-nous faire en tant que simples citoyens ?

Faisons-nous partie du peuple ?

Tout le monde peut alors se poser ces questions : faisons-nous partie du peuple ? Où se trouve le pouvoir ? Est-il, comme le voulaient certains révolutionnaires, dans les mains du peuple souverain ? L’avons-nous abandonné à une élite, une aristocratie ou une oligarchie parce que nous sommes incapables d’analyser et de juger seuls ? Qu’est-ce qui permet d’affirmer que nous sommes en démocratie ? Le vote me diriez-vous ! Mais quels choix nous donne-t-on ? Vers quoi les discours et les médias omniprésents nous orientent ?

Vers la consommation, on peut le dire ! La consommation que nous acceptons sans broncher. Et c’est là que beaucoup voit encore le seul vrai pouvoir que l’on peut attribuer au peuple : le pouvoir d’achat. Nous sommes tout juste bons à acheter ce qu’on nous vend. Et ce pouvoir d’achat est sensé nous donner de la liberté et des choix. Nous avons la liberté de choisir ce que nous mangeons, les habits que nous mettons et une partie des objets qui nous entourent. Il est vrai que ceci nous donne un certain pouvoir sur les bons et les mauvais produits qui peuvent se trouver sur le marché. Mais a-t-on autant de pouvoir que le PDG d’une multinationale ?

Tout est fait pour orienter nos choix

Pour que l’on puisse avoir un vrai pouvoir il faudrait que l’on soit coordonné à plusieurs milliers voire plusieurs millions de consommateurs. Et tout est fait soit pour orienter nos choix de consommations soit pour nous diviser quand il s’agit de nous coordonner dans des alternatives. Voyez ce qui a été fait à Notre-Dame des Landes ! C’est malheureusement l’argent qui donne le pouvoir d’agréger tous les pouvoirs. Et l’un des plus puissants pouvoir est celui de manipuler l’opinion.

Rendons-nous compte qu’aujourd’hui ce sont les multinationales qui sont capables d’engranger le plus de richesses dans un cadre privé, c’est-à-dire où c’est un très petit nombre de personnes qui décident de l’orientation des capitaux et ce de façon rarement démocratique. Plusieurs multinationales corrompent d’ailleurs, sans même se cacher, les décideurs politiques afin que les lois et le système soit à leur goût. Tels des seigneurs et des nobles qui veulent marquer leur temps, elles achètent le monde et ses personnes afin qu’il corresponde à leurs aspirations les plus folles.

Les multinationales nous dirigent

Est-ce ça la liberté ? Etre dépendants de la volonté de ces monstres si bien décrits par Alain Deneault ?

Ce sont des monstres tentaculaires, polycéphales et polymorphes telles des sirènes qui nous endorment de leurs chants et de leurs mirages. Nous avons tous en tête un de ces jingles publicitaires ou un logo à l’allure et aux couleurs si savamment étudiées.

Apple, Walt Disney, Starbucks, Microsoft, Google, Netflix, JP Morgan, FedEx, Amazon, Mc Donald’s, Coca Cola, General Motors, Volkswagen, Walmart, Samsung, Total, Shell, Visa, Nestlé, Bayer, BP, Exxon Mobil, Toyota, Pepsi, Danone, Allianz, AXA, Unilever, Facebook, Universal, Sony, L’Oreal, Nike, Louis Vuitton, Hyundai, BASF, Adidas, Renault, Ford, Continental, AT&T, Oracle, Huawei, Roche, Bridgestone, General Electric, Vinci, etc.

A l’image de Dorian Gray

Ces géantes font tout pour soigner leurs apparences. Tel Dorian Gray et son portrait qu’il cache avec précaution, toutes ont des secrets inavouables qui transparaissent de temps en temps et qui très vite sont masqués derrière de nombreuses couches de maquillage. Savez-vous vraiment comment sont fabriqués les produits vendus ? Avec quels moyens, avec quels autres produits ? Et quelles conséquences ont-ils sur notre santé et l’environnement ? Vous avez peut-être entendu parler de paraben, de bisphénol A et des perturbateurs endocriniens en général ? Ou encore d’OGM, d’huile de palme, des dangers des pesticides ? Pourquoi sommes-nous devenus aussi sensibles au gluten et au lactose ?

Les multinationales et les industriels nous trompent et leur lobby nous influence en continu. A coups de sommes colossales dans la communication et de multiples manœuvres stratégiques, la vérité est complètement flouée.

Vraiment ! Que l’on soit humaniste, écologiste, pour la liberté d’entreprendre, pour la liberté d’opinion, pour le développement personnel ou pour la paix dans le monde, nous, le peuple du monde entier, subissons la pression de ces trop puissantes entreprises. Et leurs desseins, souvent obscurs, ne vont que dans un seul sens : leur expansion et l’imposition de leurs produits. Tout le reste est écrasé, combattu, transformé, corrompu. L’anomie règne, aucune éthique ne s’impose. Seul l’apparence compte. Il n’y a aucunes limites, même pas celles de la planète. Alors certains se voient déjà conquérir les autres planètes.

La solidarité n’a pas sa place

Mégalomanie et mythomanie sont l’état d’esprit de ces multimilliardaires qui n’ont décidément pas les pieds sur Terre. L’empathie ne fait pas partie de leur code. C’est leur ambition démesurée, maladive, qui les ont conduit où ils se trouvent, à l’image de toutes ces figures de l’Histoire, conquérantes et impérialistes qui écrasent et s’imposent. La solidarité n’a pas sa place. Seule la pensée égocentrée compte. Ce sont eux qui ont réussi, ce sont eux qui ont raison, donc tout le monde doit se ranger derrière leur vision. Et toute une armée dont la pensée a été formatée pour se ranger derrière eux. Parmi elle, les employés, utilisés pour servir et faire en sorte que l’apparence du bonheur dure le plus longtemps possible. On les emploie et on les jette une fois qu’ils sont trop usés ou qu’ils ne font plus correctement leur travail.

Oui, vraiment les multinationales sont l’ennemi commun du peuple ! Elles cachent leur véritable nature et nous dupent au quotidien. Elles ne sont pas là pour notre bien et nous n’en avons pas besoin. On nous fait croire que nous en sommes dépendants et que nous ne pouvons pas nous passer d’elles.

L’Union Européenne peut-elle nous sauver ? Je vous laisse répondre à cette question par vous-même en regardant cette vidéo :

Les alternatives sont possibles

Les logiciels libres dans le domaine de l’informatique sont un bon exemple qui nous prouve depuis plus de 30 ans que les alternatives sont possibles. Ils sont faits par tous et pour tous et resteront toujours libres et indépendants. Aujourd’hui tout le monde y participe, même les entreprises parce que tout le monde peut y trouver un intérêt. Dans la même philosophie, les fablabs permettent à n’importe qui de fabriquer n’importe quoi s’il s’en donne les moyens. La place est libre pour fabriquer les objets comme on les désire vraiment : durables, non polluants, réparables, transformables, etc. Pour la nourriture aussi il y a des solutions : les épiceries coopératives et participatives, les jardins partagés, la permaculture. Ce sont des solutions pour notre santé et notre assiette.

En résumé, pour être efficace face aux multinationales, nous devons regagner notre indépendance par notre seul véritable pouvoir : celui de faire nous-mêmes !


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